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Blessure d'humiliation - la Honte #1

J'étais en train d'écouter Chloe Bloom. Tu l'as connais ? Dans sa dernière vidéo elle parlait qu'elle avait honte. Elle expliquait comment ca pouvais nous impacter en tant que femme.

Elle a présenté un livre que je vais tenter de me procurer et lire car il m'attire. Je t'en ferai un résumé

C'est - Honte - de Florence Porcel

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Je sais que j'ai la blessure d'humiliation depuis 4 ou 5 ans. Je l'ai depuis toujours mais j'en ai conscience depuis 4 ou 5 ans ^^

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La blessure d'humiliation provoque un sentiment de honte.

Et en ce moment ca s'active très très fort chez moi. C'est aussi désagréable que lorsque c'était les blessures d'injustice, en 2021, puis de rejet, en 2024.

Habituellement je travaille de mon côté, par quelques story j'informe où j'en suis, comme j'en chie... Mais cette fois-ci j'ai décidé de la travailler en public, en même temps que celles et ceux qui auront envie de travailler la leur.

En public dans un lieu sacré, bienveillant, où je me sens et me sais, en sécurité émotionnelle. Parce que travailler une blessure c'est douloureux, ca peut mettre à terre. Je n'ai aucun problème à montrer ma vulnérabilité mais lorsque tu as une plaie béante ouverte, elle fait super mal, elle peut s'infecter au contact d'agents pathogènes et sur les réseaux, il y en a beaucoup...

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La honte je la ressens parce qu'actuellement, à la caserne, il se passe des événements qui me l'active. Et c'est en posant des mots sur ces situations que je vais commencer mon travail.

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Depuis quelques temps j'ai l'impression de me faire persécuter à la caserne. D'être une victime dans un pseudo triangle de karpman où j'essai me de placer Vincent en sauveur (de ems états d'âme).

En juin, je pars sur une inter avec un SPP (sapeurs-pompiers pro) que je côtoie régulièrement en garde mais avec lequel je n'avais jamais fait d'intervention. Il est le chef je suis conductrice de l'ambulance. On réalise l'intervention et on transporte à l'hôpital. Durée du trajet 35mins. Arrivée à l'hôpital il me sort "bah tu conduis super bien en fait, je suis agréablement surpris". Je tombe des nus. Il réplique avec un "j'ai entendu des gens dire que tu conduisais comme de la merde donc ce matin le SOG (sous officier de garde) m'a demandé si ca me dérangeait que tu sois ma conductrice. J'avais envie de voir par moi même ce que c'était que cette conduite de merde et en faite tu conduis super bien. Tu es fluide, délicate, tu anticipes j'ai rien à dire."

Là je bouillonne ! Parce que des gens se permettent de me critiquer par derrière mais en 1 an dans cette caserne PERSONNE ne m'a fait de remarque en face, sur ma conduite. Je conduis les VSAV (ambulance) depuis 7 ans ! Et dans mes deux autres casernes personne ne m'a jamais rien dit non plus. Bref.

Je râle et je décide de mener ma petite enquête sur qui parle dans mon dos.

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Le lendemain je repars en inter avec ce SPP et sur le retour du feu, je conduisais aussi... je me prends remarque sur remarque sur ma conduite. Je regarde trop mon téléphone (qui sert de GPS)... Tu me connais, je réplique un "en même temps le seul moment où je regarde pas parce que tu dis que tu me guides, bah TU es sur ton tel et tu loupes la sortie"... Forcément c'est un SPP je suis que volontaire, c'est un sous officier je suis que homme du rang, c'est un homme je suis qu'une femme... et il est lion donc taper dans son trône c'est pas ce qu'il prefere... Ca part en cachuete et je deviens en l'espace de 24h la pire conductrice. A peine bipolaire le gars...

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Nouvelle inter quelques temps plus tard avec un toit nouveau sous officier de mon équipe. On arrive à l'hosto et il me lache un "punaise on m'avait prévenu que tu conduisais comme de la merde mais en fait pas du tout !!"

Je vrille. Littéralement. Parce que des SP qui me connaissent pas en tant que conductrice entendent des choses sur moi, fausses et cest factuel.

J'essaie d'etre la plus parfaite possible en conduisant, ne pas brasser la victime (étant moi même malade en voiture), douce délicate, pas dangereuse ni pour le VSAV, ni pour les automobilistes autour, ne pas dépasser les limitations de vitesse même quand c'est urgent... bref irréprochable. Et malgré ca on dit à tod que je conduis comme de la merde. Une expression utilisée identiquement par 2 SPP différents...

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Certes en reculant une fois jai touché un poteau ca a déformé légèrement le marché pied arrière. Et on me juge sur ca, on me fait une sale réputation sur ca. Par contre j'entends rien sur le SP qui a couché un camion complet, ni sur celui qui a arraché complètement la porte du garage avec un camion, ni celui qui a arraché tout un côté du VSAV... Pas un mot, pas une moquerie, pas un commentaire déplacé.

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Déjà 3 situations... mais c'est pas tout. Sur un groupe whatsapp où il y a tous les SP du CS, (je déteste être dessus mais bon faut bien sociabiliser...) un SP poste une photo prise d'un cahier de consignes. Dessus, de mon écriture et de mon prénom, est écrit un mot pour une mise en garde d'un matériel cassé pouvait etre dangereux. Par inadvertance j'ai écrit "poignet" au lieu de "poignée". Et ce SP qui aime rabaisser, se vanter, humilier... m'affiche sur le groupe sournoisement (en cachant mon prénom) et commence à se moquer. Rejoins par d'autres. Je sais qu'il sait que je vois tout.

Je le vis super mal. Ca fait trop d'un coup.

Je suis beaucoup à la caserne mais je parle peu. Je ne parle sur personne pas même moi. Je fais toutes les tâches qu'on me demande et parfois plus. Je suis respectueuse et je défends les plus embêtés dans la caserne. J'essaie d'etre la plus irréprochable possible, la plus parfaite et à la moindre faille, erreur on m'affiche sur la place publique.

Ce même pompier récupère une video sur mon tiktok ou je filmais les collègues qui poussaient le camion en panne. (Pas de plaque d'immatriculation, pas de visage, pas de civils pas de nom de rue,...) il l'a montré au chef de centre et je me fais convoquer. Le Lieutenant me le dit "j'ai trouvé votre vidéo drôle mais on ne peut pas rire de tout avec tout le monde, je vous rappelle votre devoir de reserve, enlevez ca". Encore une erreur de faite... Encore une humiliation. Le moindre pas de côté on me loupe pas.

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Je me sens en colère, honteuse, énervée. Je n'ai plus envie d'aller à la caserne.

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La vidéo de Chloé ce matin c'est l'électrochoc. On est en train de me provoquer sur une blessure. L'univers et mon âme ont décidé que c'était le moment de la travailler.

Jai besoin de tout controler

Jai besoin d'etre parfaite

Je vis super mal d'etre reprise sur un mauvais comportement (je vis pas mal qu'on me le dise en face mais qu'on m'affiche publiquement)

Je trouve que ca salit mon image. Cette image que J'essaie de construire sans défaut apparants.

J'ai honte.

Punaise... c'est le blessure d'humiliation qui s'ouvre.

Je le sais, je la porte.

Je viens d'une famille où les femmes ont eu leur corps profané, j'ai été élevée par une mère qui voit le corps comme quelque chose de sale, la sexualité comme quelque chose de dégradant, d'obligatoire dans un couple, de soumission de la femme aux besoins de l'homme.

Je suis arrivée dans un couple qui ne me souhaitait plus. Qui avait fait son deuil d'enfant biologique et était passé à un autre projet, l'adoption. Je me suis invitée dans un corps qui ne voulait pas me porter, qui ne le supportait pas. J'ai été déclencher car ma mère ne me voulait plus dans son ventre et en faisait des crises à l'hôpital. S'est inscrit profondément en moi, la croyance que j'étais en trop, pas voulu, imposée. Que je devais me faire toute petite et etre parfaite pour etre accepter. Anorexie et enfant parfaite.

J'ai été élevée à coup de petites phrases qui jugeait ce que je faisais inconsciemment dans la nuit. La fameuse phase de découverte du corps, jeune enfant. Normal, nécessaire, mais vu comme dégradante et sale. J'ai intégré que mon corps était sale, répugnant.

J'ai grandi avec l'avis de tout le monde sur mon corps, trop grand, trop fragile, trop maigre, pas assez musclé...

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La honte.

L'humiliation.

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Je cherche à etre parfaite.

Je veux controler mon image.

Je ne sais pas quoi répondre à la question "tu fais quoi dans la vie".

J'assume pas, face à Vincent, ma situation financière.

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La honte.

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Depuis ce matin je vois dans ma tête tous les petits câbles se mettre à brillant en bleu et se connecter les uns aux autres. Je vois mon parcours, mes mots, mes choix, tout dirigé parce cette blessure difficile à assumer.

Et pour couronner le tout.

J'ai pris du poids. Depuis 1 an. Du poids que j'arrive pas à perdre. Un poids que j'ai jamais atteint. Sans rien changer de ma vie. Un corps que j'assume pas. Que je n'aime pas regarder dans le miroir. Et je m'excuse ensuite face à ce corps qui porte une honte qui ne lui appartient pas. Je m'excuse de le juger si durement alors qu'il est en bonne santé. Il me permet de vivre de belles choses.

Cette prise de poids, ce masque qui sort, celui de la blessure d'humiliation. Tout se connecte, tout s'éclaire. J'ai compris. Je vais la travailler et puisque j'en ai honte, je vais le faire en public. Ca c'est un pied de nez à mon ego. Tu t'amuses à me créer un masque, je vais le détruire et le faire là, sur scène, justement là, où tu as honte.


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2 commentaires


e.vdl
e.vdl
05 août 2025

je suis troublée à la lecture de ce récit! c'est terrible ce qui se passe à la caserne! ce que tu subis!

j'en éprouve du dégout ! dégout de ces hommes tout puissants qui ridiculisent la femme que tu es! ils ont peur de quoi?

hier , je disais à mon mari qu'il est vraiment compliqué d'être une femme . il écoutait des infos au sujet de: "L'institution m'a laissée seule face à ce tsunami qui a réduit ma vie à néant" : de nouvelles accusations de viols et d'agressions sexuelles chez les pompiers.

Bouleversée aussi par ton parcours pour arriver à ta naissance et ce qui en a suivi !

je n'ai pas de mots pour exprimer ce que…


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En réponse à

J'apprends à prendre du recul et je me dis que finalement ça me permet de voir là où j'ai encore des plaies ouvertes. Quand elles seront soignées, désinfectées et recouverte d'un vrai pansement propre qui permet leurs cicatrisations, alors ces personnes n'auront plus de pouvoirs émotionnels sur moi. Mais il est vrai que pour le moment ce n'est pas vraiment le cas ^^. J'ai du m'absenter de la caserne pendant quasi 2 mois vu que j'avais Eden tous les jours avec moi. Et ça m'a fait grand bien. Je dois juste me souvenir que ceux qui attaquent sont toujours ceux qui sont en plus grande souffrance que moi et que je leur renvoie bcp de choses qu'ils aimeraient avoir.

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