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Et si le “mal” avait une fonction sacrée ?

C'est une question que je me suis souvent posée, pourquoi le mal ? on me répond toujours que la Lumière a besoin de l'ombre pour exister et vice versa.




Dans presque toutes les traditions spirituelles modernes, on cherche à s'élever, vibrer plus haut, s'entourer de lumière. On parle de purification, de détox énergétique, de sortir des "basses vibrations". Mais très peu osent poser cette question brutale : et si ce que l’on appelle le mal était nécessaire ? Et si, dans une perspective d'âme, il avait une fonction sacrée ? Bah oui, pourquoi s'il ne l'était pas l'Univers lui permettrait d'exister ?


Le mal : une erreur humaine ou une expérience de conscience ?

Notre société dualiste repose sur une polarité fondatrice : bien VS mal. Ce schéma structure notre morale, nos religions, nos lois. Il vient d'ailleurs beaucoup de la religion chrétienne. Je ne suis pas certaine que ce soit le cas dans toutes les autres sociétés. Mais du point de vue spirituel, cette opposition est-elle réelle, ou seulement une illusion de notre conscience incarnée ? J'ai personnellement ma petite idée.


  • Dans l’hindouisme, la déesse Kali représente la destruction, le chaos, la mort. Mais elle est aussi vénérée comme une mère divine, celle qui détruit l'illusion de l'égo pour faire naître la vérité.

  • Lucifer, étymologiquement, signifie "le porteur de lumière". Dans certaines lectures gnostiques, il est celui qui permet la chute nécessaire à la connaissance de soi.

  • Seth dans la mythologie égyptienne, Loki chez les Nordiques : tous sont figures du chaos, mais aussi du renouveau.


Et si ces figures dites "maléfiques" étaient en fait les agents du mouvement ? Les catalyseurs de l'évolution ?


Jung et l’Ombre : rencontrer sa vérité dans ce qui dérange

Le psychologue Carl Jung a introduit le concept d’Ombre : toutes les parties de nous que nous refoulons, jugeons, ou ne reconnaissons pas. L’Ombre n’est pas nécessairement maléfique : elle est juste inconsciente.

Selon Jung, le processus d’individuation, c’est-à-dire d’accès à l’être profond, passe par la confrontation à cette Ombre. À ce qui nous dérange. Ce que nous fuyons. Ce qui nous met mal à l’aise. C'est marrant à croire que touuuus les "coach de vie" adhèrent à Jung parce qu'ils disent tous çaaaa, d'aller voir nos parts sombres ;)

Autrement dit, le mal n’est pas là pour être éliminé, mais rencontré. Transmuté.


Les travaux de Dr. Michael Newton (hypnothérapie régressive je t'en ai déjà parlé dans un autre article), ou encore de Dr. Brian Weiss, montrent des scènes bouleversantes : certaines âmes, entre deux vies, choisissent d’incarner des rôles difficiles, douloureux, voire destructeurs, dans un but d’éveil collectif ou individuel.

Certains abus, traumatismes, ou violences deviennent alors des tremplins de transformation. Cela ne veut pas dire que la souffrance est "bonne" ou qu'il faut la glorifier. Mais que dans certains cas, l'ombre est au service d'une alchimie plus vaste que ce que notre mental peut concevoir. C'est un peu le message qu'on essaie de transmettre quand on travaille sur soi. Prendre l'expérience douloureuse comme quelque chose qui est sensé nous aider à évoluer.

Cela remet en question notre vision moralisante du monde : était-ce vraiment un "monstre" ? Ou un maître masqué ?


Le mal est une tension créatrice

En physique, sans différentiel de potentiel, il n’y a pas de courant. Sans contraste, il n’y a pas de forme. Sans obscurité, la lumière n’existe pas.


La tradition hermétique l’enseigne depuis toujours : tout est double, tout est polarisé. La lumière ne peut exister que parce qu’elle est bordée par l’ombre. En ce sens, le mal serait une force de tension nécessaire à la conscience.

Non pas à glorifier, tout valider et accepter, mais à reconnaître. Car rejeter l’ombre, c’est rejeter une partie de soi.


Donc embrasser l’ombre, ce n’est pas l’aimer, c’est la reconnaître.

La question n’est pas de justifier le mal, ni de s’y complaire. Mais de le recontextualiser. D’oser se demander s’il n’a pas, parfois, un rôle sacré dans l’alchimie de l’âme. L'alchimie c'est la transformation de la matière. L'alchimie de l'âme c'est la transformation de l'âme) D’accepter que tout ne soit pas propre, lumineux, harmonieux.


Peut-être que le mal n’est pas un ennemi. Mais un passage. Une porte d’accès à un niveau de conscience que la lumière seule ne peut atteindre.


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